sexta-feira, 12 de janeiro de 2018

Poemas de Germano Xavier em Francês (Parte XCIII)



Por Germano Xavier


"tradução livre"



Sexta-feira, 1 de setembro de 2017
Paixão de meus ossos


La passion de mes os

Il s’est fait glisser par la vie sous les débris du temps,
Le cœur grand ouvert comme un arc démesuré,
Telle une immense usine d’années, les murs fendus.

Lors du départ il est resté un moment
Le corps ailleurs, sans penser, le sourire en avant,
Il a dit non ; et têtu, il a choisi de rester là-bas,
Et il a résisté, sans hésiter.

Continuer à vivre, conserver l’existence est tout ce qui lui reste.

Naître ainsi, libre, indestructible, si présent ici
Puisque son issue n’est prévue nulle part sur un livre.

Vivre en une quelconque pénombre, en dépit de tous les malgrés
(car il était fait de poésie)/ décider ce qu’il était et ce qu’il fût
En protestant, toujours. Car il résiste encore.

Mon amour
// écouter notre chanson aujourd’hui
Et à chaque note des milliers de minuscules morceaux de moi
Te rencontrer, entière, dans mes yeux
Ceux yeux qui glissent des secrets sur la peau//

Ce jour-là où nous sommes nés,
A déclenché un nous en moi, en toute liberté,
Un nous qui est le nôtre, rien qu’à nous.

Tes yeux dans mes yeux ont fondé une poésie nouvelle et absurdement forte,
Douloureuse et humaine.

Et nous avons été heureux pendant des heures éternelles et des instants infinis de mots et de regards.

Et dans l’ombre d’outre-mer nous avons écrit des humanités
Des rencontres et des retrouvailles dans un livre dont la couverture dénonçait discrètement l’amour.

Cette passion de mes os…ô, je voudrais tellement pouvoir
Créer des hivers et faire en sorte que toutes les eaux
Se rassemblent sous nos corps
Je construirais alors une maison vitrée pour te protéger.

Dans mon domaine,

Ainsi, en face d’une joie atroce, nous fermerions nos paupières pour ne pas mourir à deux.

// et sous nos tissus partagés,
Cette douce invention du rythme, ou l’image vertigineuse
Du vers-verbe de la vie, du blé
Qui subsiste sur nos peaux (en permanence),
Nous chanterions la mort réfléchie à chaque frottement de peau,
À chaque instant magique ou présent
Et penserions surtout à travers les désirs
Par les fruits en devenir de l’absurde sous les manches inversées du temps,
Dans l’huile qui fume l’essence de toutes les destinées, qui mènent à l’amour.



* Imagem: https://pixabay.com/pt/corda-n%C3%B3-string-for%C3%A7a-cord%C3%A9is-3052477/

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